RDC : LA CONSTITUTION AU CŒUR D’UN BRAS DE FER POLITIQUE ET CITOYEN.

Le débat dépasse la technique juridique. Il touche à la confiance des citoyens, à la stabilité politique et à l’avenir de la démocratie congolaise. Chaque camp tente de convaincre l’opinion publique, mais l’incertitude grandit.

Du côté du gouvernement, les arguments sont clairs. « La Constitution actuelle ne répond plus aux réalités du pays », expliquent le parti au pouvoir (UDPS) ainsi que les membres de l’Union sacrée, regroupement polique de l’actuel président Félix Tshisekedi. Selon eux, certaines dispositions freinent l’efficacité de l’État et doivent être revues pour améliorer la gouvernance.

Mais dans les rangs de l’opposition et de la société civile, la méfiance domine. Ils craignent que cette réforme soit un prétexte pour prolonger le pouvoir au-delà de 2028 , confient des militants lors d’une marche organisée dans la capitale du pays Kinshasa. Pour eux, toucher à la Constitution, c’est ouvrir la porte à un recul démocratique, voir même à la dictature.

Plusieurs personnalités majeures ont pris position.
Modeste Bahati Lukwebo, récent vice président du sénat, estime que « le problème n’est pas la Constitution, mais la gouvernance ».
Le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, appelle les Congolais à protéger la constitution actuelle et à se concentrer sur les défis prioritaires, comme la sécurité et le développement.
L’ancien président Joseph Kabila, ainsi que Moïse Katumbi et Martin Fayulu, redoutent qu’une modification ne provoque davantage d’instabilité et ne menace l’unité nationale.

Le 3 juin, Kinshasa a vécu une journée « ville morte ». Les rues étaient désertées, les commerces fermés, signe de la mobilisation contre la révision constitutionnelle.
« C’est notre manière de dire non », racontent des certains congolais de Kinshasa ; en ajoutant: « Nous voulons que les dirigeants respectent la Constitution qui est l’une des meilleures constitutions au monde et qu’ils pensent plutôt à nos vrais problèmes quotidiens.»

À l’Est du pays, où l’insécurité persiste, beaucoup doutent de la possibilité d’organiser un référendum crédible; alors que c’est ce que prévoit le gouvernement actuel.
« Comment consulter la population alors que des régions entières vivent sous la menace des groupes armés ? » s’interrogent certains habitants de l’est du pays qui est sous contrôle d’une milice et rébellion soutenu par des armées étrangères.

Mulemaza Patrick…

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