Le sit-in de la coalition C64 de ce 12 juin à Kinshasa a fini dans le sang. L’opposant Martin Fayulu a été grièvement touché et conduit d’urgence à l’hôpital. Delly Sesanga, accompagné de ses enfants, a reçu une balle à la jambe. Ados Ndombasi aussi a été atteint par des tirs à balles réelles.
Ces images de leaders blessés ont choqué la capitale et relancé le débat sur la brutalité des forces de l’ordre.

Comme si cela ne suffisait pas, des militants de l’UDPS, épaulés par des policiers armés, ont attaqué et saccagé le siège du parti ECiDé de Fayulu.
D’autres formations comme Fonus et ADDCongo ont également été visées.
Des militants dénoncent une stratégie d’intimidation : « On ne peut pas affronter un régime armé avec des mains nues », disent-ils, laissant entendre que seule une opposition organisée pourrait résister.

À l’origine de cette colère, la loi référendaire votée le 9 juin par l’Assemblée nationale; Avec 348 voix pour et seulement 2 contre, le texte donne plus de pouvoir au président pour convoquer un référendum.
L’opposition y voit une manœuvre pour ouvrir la voie à un troisième mandat de Félix Tshisekedi.
Des figures comme Joseph Kabila appellent à la résistance, tandis que l’Église du Christ au Congo et la CENCO réclament un dialogue inclusif pour éviter une crise nationale.

Pendant que l’Est du pays rêve de paix et de reconstruction, Kinshasa est absorbée par un débat qui divise.
Beaucoup de Congolais estiment que le vrai changement ne viendra pas de la modification des textes, mais de l’amélioration de la vie quotidienne : routes, écoles, hôpitaux, emploi…
Ce contraste entre les besoins du peuple et les calculs politiques accentue la frustration.

Les balles tirées sur des manifestants, les sièges de partis détruits et la polarisation politique montrent une démocratie en danger.
La RDC est à un tournant : soit elle choisit le dialogue et l’apaisement, soit elle s’enfonce dans une confrontation qui menace la stabilité nationale. Dans ce climat, la société civile et les Églises apparaissent comme les dernières voix capables de ramener la paix.
Patrick Mulemaza…

